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De la maladie mentale

C omme je suis lassée de cette conception de la maladie mentale comme tourment de l’âme qui ne résulterait que d’un défaut de volonté et d’un manque d’optimisme. Lorsqu’elle frappe, la maladie mentale désorganise le corps entier, le rapport au monde et à soi. Qu’est-ce donc que cette survivance de conceptions poussiéreuses ? L’âme, vraiment? Une entité séparée du corps, parfaitement indépendante. (Au moins, ceux qui défendaient cette conception dans le passé voyaient dans la maladie mentale la possession d’un esprit malin, ce qui, pour moi, est déjà plus près de la vérité). Pourquoi donc ne pas vouloir admettre que la maladie mentale, dans son caractère de fatalité, échappe à la volonté ? Pourquoi vouloir à tout pris imputer la faute au malade ? Aura-t-on idée d’accuser l’épileptique, le diabétique, l’amputé, de mauvaise foi? Peut-être est-ce la peur, cette mauvaise conseillère, qui guide le jugement du commun. Admettre que les troubles mentaux échappe à la volonté, c’est se savo